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Ma start-up, en parler ou non?

Ma start-up, en parler ou non?
CONTRIBUTION
Frédérique Lissoir
25 février 2016
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Il y a quelques semaines, j’ai eu la chance de participer à une soirée réseautage nouveau genre avec une partie conférence et une partie cocktail. Cette soirée avait un invité d’honneur que nous allons appeler Monsieur X. Au cours de la soirée, une entrepreneure a demandé la fameuse question qui nous intéresse : « Est-ce que je dois parler de ma start-up à tout le monde? ». La réponse de Monsieur X : « Parlez-en en bien, parlez-en en mal, mais parlez-en ! ». Frisson dans le dos, bouchée béante; j’ai eu un choc.

Vous excuserez ma déformation professionnelle, mais je suis de nature méfiante à ce genre d’attitude. En effet, vous êtes plusieurs à venir à nos bureaux et à nous demander une « protection » pour votre start-up.  Démystifions un peu le concept.

Quand parler de votre start-up?

La réponse courte : lorsque votre idée de start-up est plus qu’une idée. Plus souvent qu’autrement, les entrepreneurs à l’esprit créateur ont plusieurs idées et rien de concret. Avant d’en parler à tout le monde, tentez de bien définir votre projet en commençant au moins une ébauche de plan d’affaires. Cela vous donnera plus de clarté quant à ce que vous voulez faire, mais cela vous permettra aussi de véhiculer un message clair qui aura plus de chance d’intéresser vos interlocuteurs.

Gardez toujours à l’esprit, qu’une idée, ça se vole. Ainsi, je vous recommande fortement de bien préparer vos arrières en élaborant votre structure, votre concept et même votre identité visuelle.

Oui, mais Fred, je n’ai qu’à faire signer un NDA (« Non-Disclosure Agreement » ou entente de confidentialité)!  

Une entente de confidentialité est une arme à double tranchant. Au moment où vous décidez de parler à des investisseurs, cela peut être intéressant afin de protéger l’information importante, votre « sauce magique », ainsi que les négociations qui auront lieu entre les parties. Cela vous permettra de commencer à neuf avec chaque investisseur ou collaborateur. Il est aussi très important de comprendre que malgré cette entente, les gens peuvent toujours s’inspirer de votre projet ou tenter d’utiliser votre bonne idée. C’est simplement un peu plus difficile, dans les faits.

Toutefois, gardez aussi à l’esprit que faire signer des papiers de confidentialité à tout le monde a tendance à rebuter les gens. En effet, vous ne voulez pas brûler des ponts simplement en cherchant à protéger votre idée qui n’est peut-être pas finale. Il s’agit d’un exercice de balancier qui vous demande de contempler le pour et contre d’une situation.

Par ailleurs, souvenez vous toujours que certains professionnels comme les avocats et les notaires sont tenus au secret professionnel, c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas parler de votre projet sans votre autorisation, tandis qu’un coach d’affaires, lui, ne l’est pas. Au niveau du comptable, il se doit de garder vos informations confidentielles. Par conséquent, si vous faites valoir votre projet dans un incubateur ou un accélérateur pour start-ups, rappelez-vous que vous n’êtes pas nécessairement protégé malgré les grands bénéfices de ce genre d’organisation.

Je changerais donc le dicton pour « Parlez-en en bien, quand vous êtes prêt, mais parlez-en intelligemment »!

 

Photo: Stylecaster

 

 

 



Par Frédérique Lissoir

Illustration du profil
Frédérique est avocate et consultante d’affaires au sein de son cabinet, Propulsio Conseillers d’affaires 360° S.E.N.C.R.L.. Ses associées et elle sont très présentes au sein de la communauté start-up montréalaise. Polyglotte et globe-trotter, Frédérique est passionnée par la créativité de ses clients et ne cesse de s’émerveiller devant le talent de sa géneration. Dans ses temps libres, elle aime faire de l’équitation, cuisiner et lire une dizaine de journaux par jour.