Diètes populaires: sont-elles vraiment bonnes pour vous?
CONTRIBUTION
Cynthia Marcotte
17 janvier 2016
PARTAGER

Avec la nouvelle année qui débute, on est bien souvent tenté de modifier notre diète et de se tourner vers des solutions rapides, mais généralement peu recommandées. Diète paléolithique, Weight Watcher, sans gluten, végétarienne ou végétalienne, toutes les options sont alors envisagées. Cependant, je suis bien triste de vous partager cette nouvelle : LA diète miracle qui règlera tous nos problèmes n’existe pas!

Aujourd’hui, j’aimerais donc vous présenter trois diètes qui ont beaucoup fait jaser lors de l’année 2015. Je prendrai aussi un moment pour vous glisser un mot sur les aspects positifs (lorsqu’il y en a!) ainsi que sur les côtés dommageables ou néfastes d’adopter ce genre de comportement alimentaire.

1.IIFYM (If It Fits Your Macros) ou Alimentation Flexible [1]

IIFYM a principalement été popularisée par les amateurs de musculation. Cette vision de l’alimentation est basée sur un principe bien logique suggérant qu’en consommant un total de macronutriment prédéfini (protéines, glucides et gras) au cours d’une journée, il serait possible d’améliorer sa composition corporelle. S’ajoutant aux objectifs de macronutriments se trouve un objectif de fibres alimentaires, ce qui impose généralement aux gens suivant IIFYM de consommer des fruits et légumes ainsi que des produits céréaliers à grains entiers. On peut comparer cette diète à un budget établi quotidiennement et les nutriments à des dollars, qui doivent être dépensés afin de ne pas dépasser la limite de ce budget. Par exemple, tout dépendant des objectifs qu’elle s’est fixés, une femme de taille et de poids moyen pourrait vouloir consommer 1800 calories réparties sur 135 g de protéines, 225 g de glucides, 40 g de gras et minimalement 30 g de fibres. Bien que complexe et nécessitant une surveillance constante, cette diète pourrait avoir de bons résultats auprès des sportifs.

Cette vision de l’alimentation tient théoriquement la route. Elle possède même certains avantages, entre autres le fait de ne pas avoir d’aliments « interdits ». Puisqu’ils peuvent manger quelques gâteries de temps à autre, les gens suivant IIFYM affirment ne pas se sentir restreints et ne pas avoir envie de tricher. Cependant, puisqu’elle demande de calculer précisément la quantité de nutriments consommés au cours d’une journée, cette diète peut être difficile à maintenir lors des sorties entre amis ou au restaurant.

IIFYM est sans contre dit une diète ayant certaines limites et serait non appropriée pour les gens désirant simplement perdre du poids ou être en meilleure santé. Pour ces gens, elle ne s’avère donc pas une bonne solution à long terme.

2. Raw Till 4 

Mise de l’avant par la célèbre Youtuber « Freelee the Banana Girl », Raw Till 4 se retrouve parmi les diètes les plus risquées. Les règles sont simples : Aucun produit d’origine animale et tout ce qui est consommé doit être cru jusqu’à 4h PM.

Simple, oui. Facile à appliquer, pas tellement! Surtout dans le contexte de vie dans lequel on vit généralement. Pensez-y, êtes-vous en mesure de vous imaginer ne plus manger de viande, d’œufs, de produits laitiers ou de poissons ni aucun de produits transformés?

Exemple de menu possible :

Déjeuner : Smoothie composé de 10 dates, d’eau, de poudre de cacao et de sucre de coco

Dîner : Repas composé d’un type unique de fruit (ex.  4 mangues)

Collations : Fruits frais ou séchés biologiques à volonté

Souper : Pâte de semoule de maïs biologique avec sauce tomate et laitue.

Et les bénéfices? Freelee vante les mérites de cette alimentation en insinuant que vous n’aurez pas à compter vos calories et que vous pourrez perdre du poids sans avoir à vous restreindre… Peut-être, mais qui a envie de manger 10 bananes ou un melon d’eau entier à tous les repas? Sachez qu’aucune étude valide ne s’est penchée sur la question et que pour le moment, les effets positifs de Raw Till 4 ne proviendraient que d’expériences personnelles.

Je ne conseille donc à personne de se lancer dans cette diète farfelue principalement en raison du risque de carence en vitamine B12 et D ainsi qu’en fer et en calcium. De plus, puisque cette diète impose un apport réduit en gras, le risque d’apports insuffisants en acide gras essentiels à la synthèse hormonale ou à l’assimilation de vitamines liposolubles (vitamine A, D, E et K) est considérable. Si vous êtes enceinte, diabétique ou si vous avez un historique de trouble alimentaire, il encore plus fortement suggéré de ne pas tenter ce mode d’alimentation.

3. Jeune intermittent

Qu’elle vous suggère de jeuner pour une période minimale de 14 heures par jour ou de ne consommer que 500 calories deux jours par semaine [2], les diètes recommandant un jeune ne seraient pas recommandées à la population générale. Selon les défendeurs de ce mode de vie, se priver de manger durant une période prédéterminée favoriserait la perte pondérale et augmenterait la longévité en plus d’avoir un effet protecteur au niveau cérébral. Il serait ainsi possible, selon certaines études réalisées sur des souris, d’éloigner les risques de démence, principalement de type Alzheimer. Jusqu’à ce jour, on aurait cependant trouvé très peu de bénéfices à adopter ce genre de comportement, autant à court qu’à long terme [3].

Tel que vous pouvez certainement vous l’imaginer, manger une quantité si réduite de calories peut entrainer des effets secondaires. On y compte entre autres l’irritabilité, les pertes d’énergie, l’anxiété et la somnolence. En comparaison cette méthode avec une réduction de l’apport énergétique continue, aucune amélioration concernant la composition corporelle ou l’importance de la perte poids n’aurait été évaluée [4].Tenant compte des coûts et bénéfice, cette diète ne semble ainsi pas en valoir la peine!

 

Pourquoi ajouter des limites et restrictions à notre alimentation alors qu’on peut manger tout simplement et profiter de la diversité offerte par Dame Nature? Si vous désirez perdre du poids ou améliorer votre état de santé, la clé de votre succès se trouve dans un élément bien simple : la motivation. Avant de tenter une diète ayant des principes stricts, posez-vous la question suivante : « Est-ce que je serais capable de m’en tenir à ces règles pour le reste de mes jours? ». Si nécessaire, faites appel à une nutritionniste qui pourra vous accompagner dans votre démarche.

 

*NDLR: Les opinions exprimées dans cet article sont celles de l’auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de la plateforme.

 

Sources
1. IIFYM.com. IIFYM.com interviews DR. Layne Norton, PhD. 2014  [cited 2016 9 janvier]; Available from: http://www.iifym.com/iifym-layne-norton-interview/.
2. Choices, N. News analysis: Does the 5:2 fast diet work? 2013  [cited 2016 7 janvier]; Available from: http://www.nhs.uk/news/2013/01January/Pages/Does-the-5-2-intermittent-fasting-diet-work.aspx.
3. Seimon, R.V., et al., Do intermittent diets provide physiological benefits over continuous diets for weight loss? A systematic review of clinical trials. Mol Cell Endocrinol, 2015. 418 Pt 2: p. 153-72.
4. Davis, C.S., et al., Intermittent energy restriction and weight loss: a systematic review. Eur J Clin Nutr, 2015.

 

 



Par Cynthia Marcotte

Illustration du profil
Toujours à la conquête de nouvelles connaissances, Cynthia adore rendre la science accessible au quotidien. Avec bientôt une maîtrise en poche, de l’expérience dans le milieu clinique ainsi qu’en nutrition publique en tant que pigiste pour Julie DesGroseilliers Dt.P et collaboratrice pour la Boulangerie St-Méthode, il est parfois difficile pour elle de décrocher de sa passion première, la nutrition. Ses hobbies? La conception de recette, la photographie culinaire et le powerlifting. Vous pouvez la suivre sur son blogue Cuisine & Dopamine.